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Mots cl�s  Etats-Unis.. Irak.. Indyk.. Brookings..  
  


Interview de Martin Indyk : les enjeux du retrait am�ricain d'Irak   
La Tribune, 11 juillet 2007.- Martin Indyk est ancien ambassadeur des �tats-Unis en Isra�l sous l'administration Clinton et dirige actuellement le Centre Saban pour la politique au Proche-Orient � la Brookings Institution. Il revient sur la situation en Irak et les inconnues qui p�sent sur le retrait am�ricain.

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La Tribune, 11 juillet 2007

 

� Chaque jour qui passe voit la situation au Proche-Orient se d�grader davantage et il faudra � la diplomatie internationale beaucoup de temps et d'attention pour esp�rer contribuer � un retour au calme durable. Toutefois, il n'existe pas de solution miracle, et seule une approche multilat�rale et l'implication de toutes les capitales occidentales et arabes permettront d'apaiser les tensions et d'�viter que tout le Proche-Orient ne s'embrase. Mais les perspectives de paix sont d'autant plus incertaines qu'il y a de fortes probabilit�s pour que les �tats-Unis retirent leurs troupes d'Irak, ce retrait devant intervenir � plus ou moins court terme, peut-�tre m�me d�s le d�but de l'ann�e prochaine. �


� En effet, la d�gradation de la situation s�curitaire sur place, ainsi que l'absence de progr�s en mati�re de r�conciliation politique entre Irakiens rendent l'opinion publique am�ricaine de plus en plus hostile � ce conflit, ce qui a son importance dans la perspective de l'�lection pr�sidentielle de novembre 2008. Cette sortie annonc�e aura des cons�quences incalculables, avec notamment l'aggravation de l'instabilit� dont souffre la r�gion. De fait, il est �vident que le d�part des Am�ricains d'Irak, sous une forme ou une autre, va renforcer la propagande djihadiste au Proche-Orient. �


� Revendiqu� comme une victoire par toutes les forces extr�mistes qui s'opposent aux �tats-Unis, ce retrait va leur offrir un argument de poids dans les efforts qu'ils d�ploient pour attirer � eux de nouvelles recrues, notamment les jeunes musulmans marginalis�s. Mais les �tats-Unis vont d'abord devoir d�finir les modalit�s de leur retrait. Comment va-t-il �tre organis� ? Sera-t-il �tal� dans le temps ? Toutes les troupes seront-elles �vacu�es ? La coalition gardera-t-elle quelques installations militaires notamment � proximit� de Bagdad ? Autant de questions qui restent encore sans r�ponse. En attendant, l'une des pistes qui est fr�quemment �voqu�e est celle d'un red�ploiement des forces am�ricaines dans la r�gion, avec l'installation de bases dans des pays voisins, ce qui permettrait d'intervenir de fa�on ponctuelle en Irak. �


�  Mais, quelle que soit la forme de ce retrait, il est ind�niable qu'il va accro�tre la pression sur les alli�s proches des �tats-Unis comme la Jordanie, l'�gypte, la Turquie ou les monarchies du Golfe. Outre le fait qu'ils risquent de faire face � un flux plus important de r�fugi�s irakiens, ces r�gimes vont devoir se positionner de mani�re d�nu�e d'ambigu�t�. Vont-ils admettre l'�mergence d'un pouvoir chiite en Irak, ce qui serait une premi�re dans le monde arabe ? Accepteront-ils de jouer un r�le plus actif dans la strat�gie de containment, c'est-�-dire d'endiguement, que les �tats-Unis tentent de renforcer vis-�-vis de l'Iran ? Si tel est le cas, cela voudrait dire que l'on se retrouverait face � un remake inattendu de la guerre qui avait oppos� l'Irak � l'Iran de 1980 � 1988. Cette fois-ci, on aurait, dans un r�le jadis tenu par l'Irak, tous ces alli�s de l'Am�rique qui se retrouveraient en premi�re ligne face au camp chiite. �


� Par ailleurs, les �tats-Unis vont devoir aussi tirer les enseignements de leur engagement dans la r�gion depuis quelques ann�es. La promotion de la d�mocratie est une noble cause mais c'est un chemin long et difficile, o� certaines solutions imm�diates peuvent s'av�rer d�sastreuses. Ainsi, il ne faut pas faire des �lections le corollaire syst�matique et incontournable de la d�mocratie. Dans certains pays o� les institutions sont faibles et o� l'�tat a du mal � affirmer son autorit�, organiser des �lections � tout prix risque de d�boucher sur bien plus d'instabilit�. C'est encore plus vrai lorsqu'il existe des milices qui n'ont pas �t� d�sarm�es, ce qui est le cas des territoires palestiniens, du Liban ou m�me de l'Irak. �


� Dans le cas palestinien, le pr�sident Mahmud Abbas ainsi que le gouvernement isra�lien �taient favorables � un report des �lections, le second �tant m�me pr�t, sous r�serve d'accord des �tats-Unis, � en endosser la responsabilit�. Malheureusement, l'administration Bush s'y est oppos�e et a tenu dur comme fer � la tenue de ces �lections. On sait aujourd'hui � quoi a men� ce processus �lectoral� �

 

� Enfin, la situation en Irak sape le discours am�ricain sur la d�mocratie. Nous vous l'avions dit �, r�p�tent � l'envi certains r�gimes arabes � propos des cons�quences de l'intervention am�ricaine, ce qui leur offre la possibilit� d'esquiver, voire de balayer, les appels lanc�s depuis Washington pour plus de d�mocratie au Proche-Orient. �

 

propos recueillis par Akram Belka�d, � Washington

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