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Mots cl�s  Nicolas Sarkozy.. Etats-Unis.. George W. Bush.. Washington DC..  
  


Chroniques du voyage de Nicolas Sarkozy � Washington   
LaTribune.fr, novembre 2007.- Quelques aspects de la "visite de travail" de Nicolas Sarkozy aux Etats-Unis

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La Tribune.fr, novembre 2007
 

1- Un briefing "off"

La Tribune.fr - 05/11/07

 

 

O� il est question d'une rencontre dont il ne peut rien filtrer...

 

 

Vendredi 26 octobre. Un voyage officiel commence souvent plusieurs jours avant sa date effective. Dans le cas pr�sent, c'est par une rencontre avec l'ambassadeur des Etats-Unis en France qu'a d�but�, du moins pour les journalistes fran�ais, la couverture de la visite de Nicolas Sarkozy � Washington qui doit se d�rouler du mardi 6 au mercredi 7 novembre et au cours de laquelle, le pr�sident fran�ais doit, outre une rencontre avec George W. Bush, notamment c�l�brer les "retrouvailles franco-am�ricaines" en pronon�ant un discours devant le Congr�s r�uni en "joint session", c'est-�-dire avec le S�nat et la Chambre des repr�sentants au grand complet.

 

De cette rencontre avec l'ambassadeur, je ne vous dirai rien, mais absolument rien car ce fut un "point off", c'est-�-dire une s�rie de questions et de commentaires que les journalistes pr�sents ont eu pour interdiction express de reproduire, de mentionner ou d'expliciter.

 

Impossible donc, pour vous, de savoir ce que nous a dit son Excellence Craig Stapleton � propos des relations franco-am�ricaines et de ce qui �tait attendu, c�t� am�ricain, de la visite du pr�sident fran�ais. Cela n'a rien d'exceptionnel. La pratique du "off" est tr�s courante et les journalistes eux-m�mes ne s'y opposent pas car ils ont besoin d'�tre brief�s pour ne pas �crire par la suite des b�tises. A charge pour eux de trouver le moyen de restituer, tout ou partie, de ce qu'on leur aura dit et cela sans citer l'int�ress� (dans le cas pr�sent l'ambassadeur). Le plus souvent, il s'agit de trouver une bonne �me qui accepterait de redire les m�mes choses mais en "on". La pratique du "off" a toutefois un inconv�nient majeur: elle renforce l'id�e, pour le lecteur, que le journaliste en garde toujours sous le stylo et qu'il ne restitue pas tout ce qu'il sait. Ce n'est pas tout � fait faux mais c'est aussi in�vitable.

 

Bref. Carnet de notes noirci, j'ai donc quitt�, en compagnie de quelques autres repr�sentants de la presse hexagonale, la salle de r�union o� nous avions pris place durant une bonne demi-heure, s'amusant d'entendre les retardataires poser les m�mes questions que celles auxquelles nous avions d�j� pens�. C'est l�, dans l'ascenseur et les couloirs de l'ambassade, que j'ai not� la pr�sence de nombreuses d�corations d'Halloween. Masques de fant�mes, squelettes, sorci�res et citrouilles �taient dispos�s �a et l�, ce qui all�geait un peu le caract�re solennel des lieux. En passant devant les photographies officielles de George W. Bush, Dick Cheney et Condoleeza Rice, j'ai pens� � chuchoter � l'oreille d'un confr�re que ces portraits allaient bien avec le reste des d�corations mais j'ai renonc�. Il faut parfois savoir bien se tenir...

 

 

2- Un point de presse

La Tribune.fr - 05/11/07

 

O� il est question du programme du pr�sident, du dollar et de l'euro et d'une visite historique.

 

 

Vendredi 2 novembre. Des journalistes, qui, h�las pour eux, n'ont pas fait le pont de la Toussaint, sont pr�sents au 4 rue de l'Elys�e dans la salle o� a lieu le point de presse hebdomadaire de David Martinon, le porte-parole de la pr�sidence de la R�publique fran�aise. C'est la premi�re fois que j'y assiste, d�sireux d'en savoir plus sur le programme du voyage officiel de Nicolas Sarkozy aux Etats-Unis. Le porte-parole n'est pas encore arriv� et, en attendant, "l'agenda de monsieur le pr�sident de la R�publique du lundi 5 novembre au jeudi 8 novembre 2007" est distribu� � des journalistes que l'on encourage aussi � se rapprocher des premiers rangs. Deux cam�ras balayent d�j� la salle.

 

C'est parti, le futur maire de Neuilly vient de faire son apparition. D'abord le programme de la semaine. Consultations � propos du Trait� "simplifi�" - pour ma part, je pr�f�re parler de Constitution bis, mais on y reviendra... -, anniversaire d'une Cour des comptes d�sormais bicentenaire et r�union � propos de la grande distribution. Viennent enfin les pr�cisions sur le voyage qui doit "consacrer les retrouvailles entre la France et les Etats-Unis", le pr�sident fran�ais ayant l'intention de d�livrer "un message" au peuple am�ricain lors de son discours devant la "joint session" du Congr�s am�ricain, c'est-�-dire en la pr�sence des S�nateurs et Repr�sentant r�unis ensemble sous le d�me du capitole.

 

Au programme donc pour le mardi, une rencontre avec le French-American Business Council "qui sera suivie d'une br�ve allocution". La d�coration de plusieurs v�t�rans am�ricains ayant particip� au d�barquement de Normandie et � la lib�ration de l'Europe. Une nouvelle rencontre avec, cette fois, Adrian Fenty, le maire de Washington, "symbole d'une Am�rique m�tiss�e et travailleuse". Suivent ensuite des r�unions avec plusieurs organisations religieuses, un d�ner � la "state dining room" de la Maison-Blanche et un "spectacle court dans l'east room" de la m�me b�tisse.

 

Pour le mercredi, et outre le discours devant le Congr�s, sont pr�vues des rencontres avec successivement l'American Jewish Committee, des parlementaires am�ricains membres du "french caucus", un groupe form� au lendemain de la crise franco-am�ricaine de 2003, et une r�union de travail avec George W. Bush � Mount Vernon, la r�sidence o�, jadis, George Washington se retira "pour cultiver son jardin".

 

Quelques pr�cisions et autres d�tails et c'est l'heure des questions. C'est David Martinon qui choisit lui-m�me celui ou celle � qui �choit le droit de poser la sienne. Et l�, d�j�, une classification s'op�re. Il y a celles et ceux dont le porte-parole conna�t les nom, pr�nom et m�dia auxquels ils appartiennent - et qui n'ont donc nul besoin de se pr�senter - et les autres. Bonne approche. Quand David Martinon d�signe nomm�ment tel ou telle journaliste, l'int�ress� (e), sans s'en rendre compte, redresse les �paules, se rengorge presque et pose sa question avec le s�rieux et le ton affect� qui sied � la personne qui vient de recevoir une telle marque de consid�ration.

 

Tiens, c'est le tour du repr�sentant d'un quotidien arabe. Il commence � parler, s'oublie un peu, h�site, s'oublie longuement, puis pose enfin deux ou trois questions en rafales. Rires �touff�s dans la salle mais le porte-parole y r�pond avec le plus grand s�rieux. Surtout n'indisposer personne. Un confr�re de Reuters veut des d�tails sur le volet �conomique du voyage de Nicolas Sarkozy (merci l'ami, �a alimentera mon papier). Il aimerait conna�tre le nom des patrons qui accompagnent le pr�sident. "C'est toujours la m�me chose. Si j'en cite un, je suis oblig� de tous les citer", r�pond l'int�ress�. "Au moins ceux du CAC 40", insiste la salle. "Je n'ai pas cette culture �conomique pour conna�tre les patrons du CAC 40" est, de m�moire, la r�plique. Gosh! Et moi qui croyais que la culture business �tait d�sormais la norme...

 

Mais voici qu'on parle du dollar, de sa chute et de l'appr�ciation de l'euro. Un sujet sur lequel la pr�sidence fran�aise s'est d�j� exprim�e, Paris, souhaitant, selon Martinon, "une parit� harmonieuse et juste" entre les deux monnaies. Fichtre! Voil� qui vaut bien le "d�termination et �coute" � propos des gr�ves qui s'annoncent pour le 12 novembre prochain.

 

 

3- Vol Sp�cial pour Washington

La Tribune.fr - 06/11/07

 

Le pr�sident Nicolas Sarkozy arrive ce mardi � Washington. La presse charg�e de couvrir cette "visite de travail de monsieur le pr�sident de la r�publique aux Etats-Unis d'Am�rique" l'a pr�c�d� de quelques heures. Impressions de voyage.

 

Pr�s de neuf heures de vol, un "go�ter", l'ap�ro, un d�ner (saumon, magret de canard et fromage), deux films - "La vie d'artiste" (m'ouais) et "Permis de mariage" ("what a turnip!", autrement dit, "quel navet!") - quelques fortes turbulences et arriv�e de nuit sur la base militaire d'Andrews. Un Airbus A310-300 des forces a�riennes fran�aises, vol sp�cial num�ro CMT 0021. Si�ges tous remplis, ou presque. Des journalistes, agences, presse �crite, radios, t�l�visions, photographe et presse �trang�re.

 

"Mais pourquoi une telle diff�renciation entre nous et les Fran�ais?", me demande une consoeur allemande. Je ne sais pas quoi lui r�pondre. "C'est la tradition", lui r�pond un confr�re, un brin moqueur. "C'est l'appel de l'Am�rique", dit-il encore � une autre journaliste qui s'�tonne du nombre important de passagers.

 

Mais il n'y a pas que les journalistes. Le terme pour d�signer les autres passagers est "d�l�gation". Une partie du staff de l'Elys�e mais aussi de solides gaillards, cheveux coup�s courts, qui parlent d'affectations, de mutations, de missions et qui se demandent mutuellement des nouvelles de tel ou tel coll�gue perdu de vue depuis qu'il est en Afghanistan ou au Liban. Hum...

 

L'ambiance est parfois quelque peu dissip�e. Rires, coussins rouges qui volent d'une rang�e � l'autre. Discussions en petits comit�s. "Pourquoi une visite aussi courte?", s'interroge-t-on. "Il para�t qu'il n'aime pas �tre �loign� de Paris trop longtemps", assure l'un. "Et pour la Chine, �a va �tre la m�me chose?", demande l'autre avant d'expliquer que les dirigeants chinois n'aiment pas trop les visites d'Etat men�es au pas de charge.

 

La composition des pools - cette poign�e de journalistes qui repr�sentent l'ensemble de leurs confr�res - est un autre th�me de - discr�tes - tractations. Il faut dire que le d�ner officiel � la Maison-Blanche en vaut la peine...

 

A suivre donc, avec l'arriv�e aujourd'hui de Nicolas Sarkozy � la base militaire d'Andrews � 14 heures locales (20 heures � Paris). Et, pour les curieux, voici la liste de celles et ceux qui accompagnent le pr�sident.

 

D�l�gation officielle: Bernard Accoyer (pr�sident de l'Assembl�e nationale), Bernard Kouchner (ministre des Affaires �trang�res et europ�ennes), Christine Lagarde (ministre de l'Economie, des finances et de l'emploi), Rachida Dati (Garde des Sceaux, ministre de la Justice), Rama Yade (secr�taire d'Etat charg�e des Affaires �trang�res et des droits de l'homme), Pierre Vimont (ambassadeur de France aux Etats-Unis), Edouard Guillaud (vice-amiral d'escadre et chef de l'Etat-major particulier), Henri Guaino (conseiller sp�cial du pr�sident), Catherine Pegard (conseiller du pr�sident), Jean-David Levitte (conseiller diplomatique du pr�sident), David Martinon (porte-parole de la pr�sidence), C�dric Goubet (chef de cabinet du pr�sident), Jean-Pierre Asvazadourian (chef du protocole), Frank Louvrier (conseiller communication, chef du service de presse de la pr�sidence), Damien Loras (conseiller technique � la pr�sidence), Patrick Steiger (lieutenant-colonel, aide de camp du pr�sident).

 

Parlementaires: Louis Giscard d'Estaing (d�put� du Puy-de-D�me, pr�sident du groupe d'amiti� France-Etats-Unis), Yves Jego (d�put� de Seine-et-Marne), Nadine Morano (d�put� de Meurthe-et-Moselle), Paul Girod (s�nateur de l'Aisne, pr�sident du groupe inter-parlementaire France-Etats-Unis).

 

Invit�s personnels: Laurence Parisot (pr�sidente du Medef), Henri Loyrette (pr�sident de l'�tablissement public du Mus�e du Louvre), Serge Lemoine (pr�sident de l'�tablissement public du Mus�e d'Orsay), Richard Prasquier (pr�sident du Conseil repr�sentatif des institutions juives de France, Crif), B�atrice Stern, Xavier de Sarrau, Guy Wildenstein, Guy Savoy (restaurateur), Lo�c Le Meur, Val�rie Hoffenberg (directrice pour la France de l'American Jewish Committee).

 

 

 

4- Nicolas et Rudy seraient-ils jumeaux ?

La Tribune.fr - 06/11/07

 

La presse am�ricaine n'�voque pas encore la visite du pr�sident fran�ais � Washington. Un article de Newsweek �tablit toutefois certaines similitudes entre Nicolas Sarkozy et le candidat r�publicain Rudy Giuliani.

 

Contrairement � leurs confr�res fran�ais, les m�dias am�ricains n'ont, pour le moment, gu�re consacr� d'articles � la visite de Nicolas Sarkozy. Dans le jargon du m�tier, cela s'appelle des avant-papiers et il est vrai que la presse am�ricaine n'est gu�re friande de ce genre d'exercice. Ce matin donc, ni le New York Times, ni le Washington Post, ni m�me USA Today, pas plus que les journaux t�l�vis�s matinaux, n'�voquent la "visite de travail" du pr�sident fran�ais dans la capitale f�d�rale am�ricaine.

 

Liste succincte des sujets trait�s : le temps qui se refroidit sur la c�te Est, le second coup d'Etat de Musharaf, "ce dirigeant, dixit Fox News, � qui l'Am�rique a tant donn� et qui r�prime sans piti� les d�mocrates de son pays" (et dont le coup de force ne semble pas vraiment indigner la Maison-Blanche), la gr�ve des sc�naristes et metteurs en sc�nes d'Hollywood, l'immigration clandestine (une obsession du sinistre Lou Dobbs de CNN), la pr�sidentielle de 2008 et bien s�r l'Iran, sans oublier quelques faits divers dont une enseignante de math�matiques poursuivie pour d�tournement de mineur.

 

Mais en cherchant bien, on trouve tout de m�me, dans la presse anglo-saxonne, quelques articles consacr�s � la France et � ses relations avec les Etats-Unis. Dans le Financial Times (FT) d'hier, Ben Hall et Daniel Dombey estiment que Nicolas Sarkozy offre une "nouvelle cordialit�" aux Etats-Unis mais "sans aucune rupture vis-�-vis de la politique fran�aise" � l'�gard de ce pays. Pour les deux journalistes, le pr�sident fran�ais va tr�s certainement recevoir l'un des accueils les plus chaleureux offert par l'Am�rique � un dirigeant fran�ais et cela depuis 1777, date du d�barquement du marquis de La Fayette venu combattre aux c�t�s de George Washington contre les Britanniques.

 

Mais, tout admir� qu'il est par l'actuelle administration, notamment pour la mani�re dont il tente de changer les relations franco-am�ricaines, le pr�sident fran�ais va tout de m�me signifier � ses interlocuteurs son engagement europ�en y compris en mati�re de politique de d�fense. En clair, juge le FT, "Sarko l'am�ricain" va certainement rappeler qu'il est aussi "Sarko l'europ�en".

 

Autre article, celui de Newsweek qui �tablit un parall�le quelque peu ironique entre Nicolas Sarkozy et Rudy Giuliani, l'ancien maire de New York, aujourd'hui candidat � l'investiture r�publicaine pour la pr�sidentielle de 2008. On apprend ainsi que ce dernier admire le pr�sident fran�ais, qu'il partage avec lui la m�me d�fiance � l'�gard des imp�ts et qu'il aurait m�me lanc� "I love France" il y a quelques jours. Du jamais vu dans la bouche d'un R�publicain qui se gargarise du fait que certains journaux am�ricains pr�sentent Nicolas Sarkozy comme �tant "the french Rudy".

 

Et l'hebdomadaire de relever deux autres points communs. D'abord, les deux hommes ont tous les deux connu un divorce conjugal qui a tenu, c'est le moins qu'on puisse dire, en haleine les m�dias de leurs pays respectifs. Ensuite, leur capacit� � vite s'emporter - comme en t�moigne le r�cent incident entre Nicolas Sarkozy et une journaliste de CBS - n'est d�sormais plus un myst�re. Si, par malheur pour Obama ou Clinton, Giuliani venait � �tre �lu en novembre 2008, on imagine sans peine la paire qu'il formerait avec son alter ego fran�ais...

 

 

5- Le pr�sident fran�ais prend l'Am�rique dans ses bras

La Tribune.fr - 07/11/07

 

Nicolas Sarkozy a clam� sans complexes son amour et son admiration pour les Etats-Unis. Au passage, il a justifi� sa politique d'ouverture.

 

Il est arriv�, costume bleu sombre, teint h�l�, les patrons franco-am�ricains se sont lev�s, la presse s'est pr�cipit�e. Mardi, � Washington, Nicolas Sarkozy a encourag� le French American Business Council � "se r�unir plus d'une fois par an", invitant m�me ses membres � organiser la prochaine r�union � l'Elys�e.

 

Il y avait du beau monde r�uni autour des tables en carr�. Les patrons de Legrand, Biom�rieux, Alcatel, Bic, Thomson, Google, Publicis, Sodexho, FedEx, Areva, Wendel, Whirpool, Valeo, sans oublier la pr�sidente du Medef. En leur pr�sence, le pr�sident fran�ais a rod� son discours � destination de l'Am�rique. Il aime et admire l'Am�rique, "n'a pas compris ce qui s'est pass� en 2003", estime que l'on (les Fran�ais) peut ne pas �tre d'accord avec les Am�ricains mais que cela ne doit pas faire oublier que l'on "appartient � la m�me famille".

 

Et d'�voquer la "dette �ternelle" de la France � l'�gard des Etats-Unis. "Le peuple fran�ais aime les Etats-Unis. Les �lites fran�aises, c'est autre chose", a-t-il ajout� en d�clanchant les rires. Des rires auxquels d'autres ont fait �cho, cette fois-ci � la Maison-Blanche, lors du d�ner officiel : "je suis venu vous dire que l'on peut �tre l'ami de l'Am�rique et gagner les �lections en France", a lanc� le pr�sident, d�clanchant l'hilarit� g�n�rale. Mais du rire � l'�motion, il n'y a qu'un pas et le pr�sident fran�ais a certainement touch� les Am�ricains en assurant que les attentats du 11 septembre 2001 avaient rendu "leur pays plus fort et plus grand". Une phrase qui tournait en boucle hier sur les �crans de CNN et de Fox News.

 

On l'aura donc compris, Nicolas Sarkozy a, pour reprendre l'expression du New York Times, ouvert ses bras � l'Am�rique. Ce qui ne l'a pas emp�ch� de r�clamer un geste sur le dollar et une comp�tition commerciale plus loyale.

 

Donnant l'impression d'�tre toujours en campagne, il a aussi, devant les Fran�ais r�sidant � Washington, de nouveau justifi� sa politique d'ouverture, louant le courage de Bernard Kouchner, le travail "remarquable" de Christine Lagarde et de Rachida Dati, trio symbole d'une France "qui change, qui est jeune, qui est nouvelle et qui est moderne".

 

6- Un d�ner � la Maison-Blanche

La Tribune.fr - 09/11/07

 

O� il est question de bisque de homard, d'invit�s tous surpris d'�tre pr�sents et de probl�mes de protocole.

 

Autant vous l'avouer tout de suite, je ne figurais pas parmi les "happy few". Je veux parler du d�ner offert par George W. Bush en l'honneur de Nicolas Sarkozy. Ce fut, � en croire un article du Washington Post (rubrique "Style"), le "triomphe" du pr�sident fran�ais � la Maison-Blanche". Je n'�tais pas de la partie, non pas par manque de conscience professionnelle mais parce qu'un pool de journalistes avait �t� d�sign� pour repr�senter l'ensemble des journalistes couvrant cette visite de travail. Les pauvres...

 

Pendant que, certains d'entre nous levaient le coude au bar de l'h�tel (le "Mandarin Oriental", non, je ne vous dirai pas le prix de la nuit�e), les membres du pool ont juste eu le droit d'assister aux toasts de bienvenue ("Je veux reconqu�rir le coeur de l'Am�rique", a notamment dit le pr�sident fran�ais) avant d'�tre confin�s dans la salle de presse jusqu'� la fin du d�ner. Ils furent ensuite convi�s au d�but du, court, spectacle donn� dans "l'east room" de la Maison-Blanche : un dialogue entre La Fayette et George Washington.

 

Que vous dire d'autre, si ce n'est qu'au menu figurait notamment de la bisque de homard, de l'agneau, du vin de Napa Valley et que le Washington Post, toujours la fameuse rubrique "Style", s'est �tonn� d'une "liste d'invit�s parmi les moins bien inspir�es", avec des convives venus de la Nouvelle-Orl�ans, certains des invit�s s'�tonnant m�me de leur propre pr�sence, l'attribuant � la consonance fran�aise de leur patronyme. Il para�t aussi que George W. Bush a accueilli son nouvel ami fran�ais par ces mots prononc�s dans la langue de Moli�re : "bienvenue � la Maison-Blanche".

 

Le temps des "french fries" rebaptis�es "freedom fries" est donc bel et bien oubli�. Il para�t aussi - information qui n'a pas �t� recoup�e - que "Flotus" a failli ne pas �tre � la m�me table que "Potus" et Nicolas Sarkozy, et les confr�res de conclure qu'il s'agissait, pour le protocole am�ricain, de ne pas embarrasser "Pdlrf" priv�, depuis quelques semaines comme chacun le sait, de "Mledpdlrf". Vous ne comprenez goutte � ce que je raconte ? Explications : "Potus", c'est "President of the United states", c'est-�-dire "Dabeliou" en personne. "Flotus", c'est "First lady of the United states", c'est-�-dire l'�pouse de George. Je vous laisse le soin de d�crypter le reste sachant qu'il n'y a rien � gagner pour ceux qui y arriveront, pas m�me un abonnement � La Tribune.

 

 

 

7- Un discours au Congr�s

La Tribune.fr - 09/11/07

 

O� il est question d'une d�claration d'amour � l'Am�rique, d'applaudissements, de "standing ovation" et d'acclamations s�lectives de la part des r�publicains et d�mocrates.

 

 

Nous, je parle des journalistes, sommes arriv�s t�t. Nous avons gravi l'illustre colline, fait la queue, puis sommes pass�s sous un portique d�tecteurs de m�taux, nos affaires scann�es par des rayons X. Une fois dans la place, nous avons grimp� deux �tages, march� le long de couloirs o� circulaient quelques "pages" - les stagiaires dont on a beaucoup parl� il y a quelques mois lors d'une sordide affaire de moeurs - avant de d�boucher dans la partie du Capitole r�serv�e � la presse.

 

Une jeune dame, tr�s directive, nous a alors vite expliqu�, "in english", les r�gles � respecter. D'abord, interdit de s'installer tout de suite dans les gradins qui surplombent la grande salle o� Nicolas Sarkozy devait prononcer son discours devant s�nateurs et repr�sentants r�unis. Ensuite, interdit d'y entrer avec son manteau, son sac, son t�l�phone portable, son appareil photo, son enregistreur, ses jumelles, et ses tongs (pour cette derni�re restriction, je plaisante bien s�r, le reste �tant parfaitement v�ridique).

 

Nous r�lons mais rien � faire, les r�gles sont les r�gles. Il reste une heure � attendre avant le grand moment. Dieu merci, est enfin distribu� le "discours de monsieur Nicolas Sarkozy, pr�sident de la r�publique fran�aise devant le Congr�s des Etats-Unis d'Am�rique". Le texte porte la mention "embargo au prononc�", ce qui revient � dire que seul le discours prononc� fera foi. On s'y met, essayant de voir ce qui peut fournir mati�re � papier.

 

C'est dans ces moments-l� que je me r�jouis d'�tre journaliste �conomique car je n'ai pas l'embarras du choix : un passage sur un plaidoyer pour que les Etats-Unis fassent confiance � l'Union europ�enne, ainsi qu'une exhortation � la participation de l'administration am�ricaine � la r�forme de l'ONU, de la Banque mondiale, du FMI et du G 8, feront l'affaire (ce deuxi�me point ne sera finalement pas abord�). Le niveau de stress baisse. Pour les confr�res de la presse g�n�raliste, c'est une autre paire de manches.

 

"Here we go" ! La porte des gradins de presse va s'ouvrir. Deux cerb�res filtrent, v�rifient badges et absence de ce que j'ai �num�r� pr�c�demment. Une jeune dame du service de presse de l'Elys�e n'a pas son badge. "On ne passe pas", tranchent les deux colosses. Tractations, mettez-vous de c�t�, lui disent-ils. "Oh, my god !", soupire-t-elle exc�d�e. "Vous avez un probl�me avec �a ?", lui r�pond-on. Le ton monte mais pas le temps de m'attarder, les places sont ch�res. En voici une, bien plac�e, num�ro 24, sur la droite, de fa�on � bien voir, en diagonale, Nicolas Sarkozy juste en face du camp d�mocrate.

 

Je vous passe tous les d�tails qui ont pr�c�d� l'arriv�e du pr�sident fran�ais dans l'h�micycle (arriv�e des ambassadeurs, des s�nateurs, etc,...) pour passer � l'essentiel. Si, juste une remarque : aucun candidat majeur � la pr�sidence de la r�publique n'est pr�sent parmi les s�nateurs d�mocrates ou r�publicains, tous occup�s � battre campagne dans l'Iowa, premier Etat � accueillir des primaires en janvier prochain. Par contre, John Kerry, candidat malheureux � la pr�sidentielle de 2004, est bien pr�sent et, en bon francophone (on sait ce que cela lui a co�t� comme voix), se passera d'�couteurs assurant la traduction pendant le discours.

 

"Standing ovation"

 

Mais Nicolas Sarkozy fait son entr�e. Applaudissements, cris de joie, large sourire barrant la figure du pr�sident, poign�es de mains, demandes d'autographe. Tiens, �trange, le num�ro un fran�ais serre la main de mani�re machinale � Ted Kennedy, sans m�me le regarder (il fera la m�me chose apr�s son discours. Ignorait-il le visage de celui dont il allait citer le nom du fr�re d�funt ?). "Bizarre", me dit un journaliste, francophone et francophile, du Washington Times. Autre anecdote, l'un des s�nateurs qui a mis le plus d'empressement � saluer notre pr�sident n'�tait autre que Larry Craig que personne au S�nat ne souhaite d�sormais croiser aux toilettes depuis son arrestation, pour gestes d�plac�s, dans les "rest room" d'un a�roport...

 

Le discours commence. Message majeur : la France est l'amie de l'Am�rique. Tr�s vite, viennent les salves d'applaudissement (il y en aura vingt-trois !). Extrait : "les p�res [fran�ais] ont emmen� leurs fils voir les grands cimeti�res o�, sous des milliers de croix blanches, dorment, si loin de chez eux, des milliers de jeunes soldats am�ricains tomb�s non pour d�fendre leur propre libert�, mais la libert� de tous les autres, non pour d�fendre leur famille, leur patrie, mais pour d�fendre l'humanit� tout enti�re. Voil� pourquoi nous aimons l'Am�rique".

 

Applaudissements coupl�s � une "standing ovation" (il y en aura huit au total). L'�motion dans les trav�es est impossible � nier. M�me mon voisin am�ricain a la larme � l'oeil. Tiens, une fausse note tout de m�me. Quand le pr�sident cite les r�ves de sa g�n�ration et qu'il prononce les noms d'Elvis Presley et de Charlton Heston des rires g�n�s fusent, surtout chez les d�mocrates.

 

Le discours se poursuit et les applaudissement aussi. Int�ressants ces applaudissements � plus d'un titre, car ils r�sument bien la politique int�rieure am�ricaine. Quand Nicolas Sarkozy dit, "au fond, que demandent � l'Am�rique ceux qui l'aiment, sinon d'�tre toujours fid�le � ses valeurs fondatrices ?", ce sont les d�mocrates les premiers qui s'enthousiasment. A l'inverse, quand le pr�sident fran�ais promet - contrairement � ses d�clarations de campagne - que "la France restera engag�e en Afghanistan aussi longtemps qu'il le faudra", ce sont les r�publicains qui s'enflamment tout comme ils le feront lorsque sera �voqu� le retour possible de la France au sein de l'Otan.

 

Parfois, les deux camps ne r�agissent pas de la m�me mani�re. Exemple : "l'Am�rique que j'aime, c'est celle qui encourage les entrepreneurs, pas les sp�culateurs", assure Nicolas Sarkozy aussit�t acclam� par les d�mocrates suivis, de mani�re presque timide par les r�publicains. Mais c'est surtout lorsqu'il aborde la question du r�chauffement climatique que se mat�rialise l'opposition entre les deux grandes forces politiques am�ricaines.

 

Nouvel extrait : "ceux qui aiment le pays des grands espaces, des parcs nationaux, de la nature prot�g�e, attendent de l'Am�rique qu'elle prenne, aux c�t�s de l'Europe, la t�te du combat contre le r�chauffement climatique qui menace la destruction de notre plan�te. Je sais que le peuple am�ricain, � travers ses villes et ses Etats, est chaque jour plus conscient des enjeux et d�termin� � agir. Ce combat essentiel pour l'avenir de l'humanit� doit �tre celui de l'Am�rique toute enti�re". Et l�, mes amis, les d�mocrates se l�vent d'un bond, poussent des "ho !" et des "yeah !" tandis que certains �lus r�publicains ren�clent un peu, quelques uns, impolis jusqu'au bout, refusant m�me de se lever.

 

Voil�, le discours est termin�, le pr�sident est parti. Les trav�es se vident. Mon voisin am�ricain s'essuie les yeux puis me dit, en fran�ais, "c'�tait tr�s "�motive" mais bien moins puissant que le discours de Tony Blair". A m�diter car, effectivement, l'�motion et les bons sentiments ne suffisent pas toujours � impressionner - durablement - l'Am�rique...

 

 

8- Conf�rence de presse Sarko-Bush : the (little) show must go on

La Tribune.fr - 09/11/07

 

Un cadre champ�tre, une attente dans le froid et quatre petites questions puis s'en vont...

 

Je pourrais, au fil de paragraphes entiers, vous parler de la beaut� de la Virginie en ce d�but novembre, des couleurs fauves des feuillages, des embrasements carmins des �rables, de la puissance tranquille du Potomac et de la douceur de la lumi�re en d�but d'apr�s-midi, mais se serait tricher, car j'ai, en d'autres colonnes, d�j� c�l�br� l'automne (*).

 

Je me contenterai donc de vous dire que, mercredi 7 novembre, apr�s avoir assist� au discours de Nicolas Sarkozy au Congr�s, nous avons pris la route - convoi de plusieurs bus - pour Mount Vernon, lieu historique o�, jadis, George Washington s'est retir� pour cultiver son jardin.

 

Nous �tions encore z-�mus par l'ode � l'amiti� franco-am�ricaine prononc�e par Nicolas Sarkozy mais en arrivant au site (tr�s fr�quent� par les touristes, nous a-t-on dit), le "Secret Service" s'est charg� de nous rappeler � la r�alit� moins prosa�que de ce monde. Fouille individuelle, po�le � frire qui chatouille les aisselles et l'entrejambe, tournez-vous s'il vous pla�t, comment allez-vous aujourd'hui, levez les mains, allez par-l�, revenez par-ci,...

 

Pour nous pr�ter � la palpation, nous d�mes abandonner nos sacs sur le trottoir. Interdit de les r�cup�rer avant que les amis de Jack Bauer, chien d�tecteur d'explosifs tenu en laisse, ne terminent de les inspecter. Et quelle inspection ! Tout objet examin�, ordinateurs sortis, mis en marche puis pos�s sur le sol. Un journaliste veut-il r�cup�rer son sac ? "Step back !" lui ordonne aussit�t un homme en noir, oreillette bien apparente et grand manteau bien gonfl� qui lui vaut le surnom imm�diat de Dunlop.

 

Barda r�cup�r�, nous voici assis bien sagement devant l'honorable b�tisse. Une heure d'attente dans le froid, � regarder les photographes r�gler leurs appareils command�s � distance ou � observer les diff�rentes phases d'installation de deux chauffages � gaz, plac�s de part et d'autre de l'estrade ou tr�nent les deux pupitres avec micros. De quoi penser � Tim Davis, ce photographe am�ricain qui suit la politique de son pays par le prisme de ses �-c�t�s, en ne photographiant jamais les protagonistes mais les objets et d�cors qui les entourent (**).

 

"Trois questions", nous a-t-on soudain pr�venu. Trois questions pour la presse fran�aise, trois autres pour l'am�ricaine. Pas plus. A charge pour les journalistes de se mettre d'accord. Tractations entre confr�res. On choisit l'Irak (que peut faire la France ?), l'Afghanistan (va-t-on envoyer des soldats fran�ais � Kandahar ?) et l'Iran (jusqu'� quel point les Am�ricains et les Fran�ais sont-ils d'accord ?". Venu aux nouvelles, un conseiller de Nicolas Sarkozy sugg�re une question sur la politique europ�enne de d�fense. Rien � faire, nous gardons nos questions d'autant plus que le chiffre autoris� n'est plus trois mais deux.

 

Les deux chefs d'Etat arrivent. George W. Bush est d�tendu, souriant, Nicolas Sarkozy est un peu crisp�. Le d�calage horaire, s�rement. Poign�e de main devant les photographes. Petit speech de George W. Bush, heureux d'accueillir son homologue fran�ais, d'avoir �voqu� de nombreux sujets avec lui (Kosovo, Iran, Proche-Orient, Afghanistan,...). A son tour, Nicolas Sarkozy prononce plusieurs gentillesses, "accueil �mouvant", "climat de tr�s grande confiance",...

 

Pour la premi�re question, la balle est pour l'�quipe qui joue � domicile. "Pourquoi les Etats-Unis sont-ils plus durs � l'encontre de la junte birmane que vis-�-vis du g�n�ral Musharaf ?". Vient ensuite la question fran�aise � propos de l'Irak, la journaliste utilisant le mot "bourbier" que ne manquera pas de relever le pr�sident Bush... Deuxi�me salve : "Le discours � l'encontre de l'Iran n'est-il pas aussi responsable de la flamb�e des prix du p�trole ?" (question am�ricaine) et, tour de force fran�ais, car inclus dans la m�me question "l'importance � venir de la participation fran�aise en Afghanistan et l'avenir du Liban".

Inutile que je vous parle des r�ponses, langage polic�, grandes d�clarations � propos des principes intangibles, d�mocratie, libert� pour tous. En bref, rien de bouleversant.

 

Pas d'autres questions. Bush dit non, termin�. Un journaliste arabe en poste � Washington essaie tout de m�me. En vain. Pourtant, m'assure-t-il, le pr�sident am�ricain le conna�t et l'appr�cie depuis une conf�rence de presse o� il lui a lanc� pour attirer son attention "nul n'est parfait mais je m'appelle Mohammed et j'ai une question pour vous." Sourires.

 

Il est temps de partir. Les deux h�licopt�res militaires d�collent dans un nuage de poussi�re. Nicolas Sarkozy a serr� la main de quelques journalistes puis est reparti dans sa limousine. Au loin, d�j�, les sir�nes retentissent. Tout �a pour �a. Il y a de quoi �tre songeur. Tout ce branle-bas de combat pour quatre questions. Le journalisme emprunte parfois des chemins �tranges...

 

(*) https://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=31149

(**) www.davistim.com

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