La chronique �conomique : le choix de l'Allemagne
Le Quotidien d'Oran, mercredi 8 d�cembre 2010.- La crise financi�re s'aggrave en Europe. Le r�le de l'Allemagne est renforc�.
Quel sera le prochain �pisode de la crise de l�euro ? Cette question est sur toutes les l�vres. Hommes politiques, banquiers, �conomistes et journalistes savent d�sormais que tout est possible y compris une implosion � terme de l�Union mon�taire europ�enne (UME). Ils savent aussi que la n�cessit� d�anticiper le �sauvetage� de l�Espagne puis de l�Italie voire m�me aussi de la France, est une �vidence. Plus personne ne doute que la crise qui frappe l�Europe suit son chemin et risque de durer plusieurs ann�es � l�image de celle de 1929 qui s�est termin�e en 1939 avec le d�clenchement de la Seconde Guerre mondiale.
Le r�le pivot de l�Allemagne
Et encore une fois, sans faire de comparaisons abusives ou mal plac�es, l�avenir de l�Europe d�pend du choix que va faire l�Allemagne. Cette derni�re est actuellement le dernier rempart contre la disparition de l�UME et du naufrage de l�euro. C�est elle qui dispose des finances n�cessaires pour contrer les sp�culateurs qui testent la capacit� des Etats � rembourser leur dette. Surtout, c�est le seul grand pays europ�en qui jouit encore d�une cr�dibilit�. La France, quoi qu�en disent ses autorit�s, est hors du jeu en raison de son d�ficit abyssal et de l�atonie de sa croissance. Quant � l�Italie, il est inutile d�insister sur les d�g�ts occasionn�s par les frasques berlusconiennes.
Or donc, l�Allemagne a deux choix. Il y a celui de payer une nouvelle fois de sa poche la stabilit� de la zone euro quitte � ce que le contribuable allemand le fasse ch�rement payer au gouvernement Merkel. Cela signifierait que Berlin accepte d��tre en premi�re ligne dans la d�fense de l�euro et dans le soutien financier � ses partenaires europ�ens �trangl�s par les march�s. L�une des cons�quences de ce choix serait de conforter le leadership allemand en Europe. Il n�est pas s�r que les autres capitales, notamment Paris, l�acceptent de gaiet� de c�ur�
Le second choix possible est celui de l��go�sme. On sent bien que les Allemands sont tent�s par le repli sur soi. L�id�e de cr�er une zone mon�taire r�duite avec les Pays-Bas et les pays scandinaves (mais sans la France�) est sans cesse cit�e dans la presse germanique. En un mot, cela signifierait que l�Allemagne estime que l�Union mon�taire europ�enne est un projet vou� � l��chec, notamment en l�absence d�Union politique dont n�ont voulu ni les Britanniques ni m�me - et cela n�est pas suffisamment rappel� - les Fran�ais. En s�affranchissant de la solidarit� communautaire, l�Allemagne retrouverait l� aussi un r�le de grand leader d�Europe (et non europ�en, la nuance est de taille). L� aussi, cette perspective ne peut que d�plaire � ses voisins.
La paix menac�e ?
La comparaison avec la crise de 1929 pousse de nombreux commentateurs � �voquer le spectre d�un conflit majeur. Pour l�heure, il s�agit plut�t de catastrophisme. M�me si la zone euro implose et qu�elle vienne � �tre remplac�e par de petites unions mon�taires, on voit mal les Europ�ens en venir aux armes ne serait-ce que parce que l�Union europ�enne existe bel et bien et qu�elle est la plus grande assurance contre l�irr�parable. Mais cela ne signifie pas que les tensions induites par la crise vont dispara�tre d�elles-m�mes. Comme l�eau qui s�infiltre, elles peuvent gravement endommager la coh�sion europ�enne. Mais elles peuvent pousser aussi l�Europe � chercher � exporter ces tensions ailleurs notamment dans son voisinage imm�diat constitu� par l�Est (Ukraine, Russie,�) ou le Sud (Maghreb, Turquie,�).