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Mots cl�s  bl�dard.. Roissy.. Air France.. Alitalia..  
  


La chronique du bl�dard : Roissy   
Le Quotidien d'Oran, 26 juillet 2007.- Un cauchemar nomm� Roissy...

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Le Quotidien d'Oran, 26 juillet 2007
 
Six heures du matin. Temps gris et brumes. Les pneus du Boeing 777 d'Air France viennent de toucher la piste et le gros porteur roule maintenant vers son point de stationnement. Dans la cabine, les passagers s'�tirent et certains sont d�j� debout malgr� le rappel � l'ordre des h�tesses (cela doit vous rappeler une certaine compagnie bien de chez nous, n'est-ce pas ?). Barbes naissantes, sourires las, yeux gonfl�s de sommeil, (tr�s) petites mines, l'�tat g�n�ral n'est gu�re reluisant. Peut-�tre est-ce diff�rent � l'avant, l� o� classes sp�ciales le permettant, on peut d�plier ses jambes et dormir � l'horizontale. L'appareil ne s'est pas encore immobilis� mais des t�l�phones portables sonnent d�j� tandis que d'autres, tritur�s par des propri�taires un peu agac�s, ont visiblement du mal � capter l'un des trois r�seaux fran�ais. Comment faisaient tous ces gens avant l'invention du mobile ? Le temps est loin o� il fallait attendre d'�tre dans l'a�rogare pour appeler les siens et les rassurer. Aujourd'hui, il faut de l'instantan�, du temps r�el et tant pis pour celui dont la batterie s'est d�charg�e.

Un jeune Am�ricain, physique et tee-shirt de surfeur californien, demande � l'h�tesse comment il doit s'y prendre pour rejoindre je ne sais quel terminal. Elle r�pond qu'elle n'en a aucune id�e, que les choses n'arr�tent pas de changer � Roissy, que les travaux y sont permanents, qu'il y avait, jadis, une navette, qu'elle existe peut-�tre encore ou peut-�tre pas et que le mieux est de s'adresser au guichet des informations. � Mon vol pour Marseille est dans une heure �, insiste-t-il, un peu bl�me. Elle consent alors � tirer un gros guide de son sac, se perd dans l'index, pense avoir trouv�, cherche encore, puis abandonne. � D�sol�e �, s'excuse-t-elle en se mettant de c�t� car l'endroit commence � se vider.

On avance � la queue-leu-leu en essayant de ne pas se faire frotter le talon par l'impatiente qui suit. On passe par le compartiment des business en ayant l'impression de traverser une chambre � coucher abandonn�e � la h�te par des occupants peu soigneux. Couvertures et oreillers au sol, restes de repas, pile de magazines, mais pourquoi les compagnies a�riennes imposent-elles toujours ce spectacle aux passagers de la classe �conomique ? Est-ce une mani�re de les inciter � payer plus pour voyager mieux ? Est-ce pour leur rappeler que le monde est rest� monde avec ses in�galit�s et ses privil�ges durant les sept heures pass�es � quelques milliers de pieds au-dessus de l'oc�an ?

On se pose ces questions fondamentales quand arrive la premi�re contrari�t� de la journ�e — la seconde pour ceux dont le t�l�phone ne marche pas ou qui affiche un message expliquant que personne ne les attend. A la porte du Boeing, pas de passerelle, mais un escalier avec � son pied un bus qui charge hommes et femmes � la d�marche un peu flageolante. Et pour arranger le tout, une m�chante pluie se met de la partie. On est loin, tr�s loin du terminal. Bienvenue � Roissy !

Chers voyageurs (imaginez une voix suave et enthousiaste). Apr�s votre vol transatlantique, fourbus, �reint�s, quelque peu crasseux, vous roulerez durant un quart d'heure dans un bus, entass�s les uns sur les autres et perdant l'�quilibre � chaque coup de frein. Vous serez ravis de d�couvrir Roissy et ses alentours, les autoroutes qui le longent, ses talus gazonn�s o� gambadent des lapins et ses ateliers de r�paration de mat�riel roulant.

Vous serez ensuite d�pos�s au bas d'un immeuble sombre o� vous p�n�trerez en tra�nant votre sac de voyage et vous aurez raison de vous maudire car vous auriez mieux fait de l'enregistrer. Bien entendu, l'escalator sera en panne mais monter les marches vous fera du bien puisque vous n'aurez effectu� aucun des gestes de relaxation que nous vous avions conseill� de faire pendant le vol (la prochaine fois, soyez attentif � la d�monstration de notre personnel de cabine !). Fin du message.

Epreuve termin�e ? Ne plaisantons pas. Voici le contr�le de police. Trois ou quatre vols arriv�s de tr�s loin face � deux, non trois, guichets ouverts. Ah, ouf, un quatri�me policier se pointe, c'est d�j� mieux. Mais... Erreur. Le k�pi est juste venu blaguer avec sa coll�gue et s'en retourne vers des t�ches s�rement plus importantes. Il sait qu'au moins deux cents paires d'yeux le fixent avec col�re mais il fait comme si de rien n'�tait.

Trente minutes plus tard, on arrive enfin aux livraisons de bagages et on est tout �tonn� d'apprendre que les bagagistes ne sont pas en gr�ve et, surtout, de voir sa valise arriver assez vite. C'est une information qui vaut de l'or. Cela signifie qu'Alitalia, qui semble prendre un malin plaisir � perdre les bagages de ses passagers — surtout ceux qui se rendent en Italie en �t�, je le sais, j'ai test�... � l'aller comme au retour — n'a pas encore contamin� toutes les compagnies alli�es � Air France (dont il ne faut pas dire du mal dans Le Quotidien d'Oran, un confr�re s'en �tant d�j� charg� ce qui a fait visiblement beaucoup de peine � bien du monde). Bref, on est enfin sorti de la zone sous-douane. Dans le � coltar �, on essaie de deviner vers o� aller. A droite ? A gauche ? O� sont les ascenseurs ? Mais b... qui a invent� cette signal�tique ? D�couragement. C'est � ce moment-l� qu'un couple d'Am�ricains vous demande le chemin pour la gare � diou ���re-i-���re �. Le Rer ? Vous �tes s�rs ? Yes, yes. Bon, r�fl�chissons. Voil�, il faut prendre ce bus, mais attention, ne vous trompez pas de sens sinon vous allez passer votre temps � tourner en boucle. O� acheter les tickets ? A la gare, mais il ne faut pas �tre press�s. Pourquoi ? Et bien, � cette heure-ci, il n'y aura qu'un guichet d'ouvert et n'essayez m�me pas de comprendre comment fonctionnent les distributeurs automatiques. Vous verrez, vous ne serez pas seuls. Vous ferez la queue avec plein de gens, tous tr�s, tr�s f�ch�s. Et vous descendez o� � Paris ? A la Gare du nord ? Hum... Pourquoi je rigole ? Pour rien, c'est la fatigue du voyage.

On les regarde s'�loigner en repensant � un r�cent sondage publi� par la French-American Foundation. Parmi les Am�ricains ouvertement francophobes, une grande majorit� avoue avoir d�j� s�journ� en France. Comme aurait pu le chanter celui qui a pleur� les vacances � Paris qui se finissent � Orly, c'est peut-�tre � Roissy que commence l'am�ricano-francophobie...



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